COVID 19 - Témoignages

Partagez vos témoignages :

  • Dans quelles mesures avez-vous été touché par le COVID 19 dans vos chorales,
  • Qu’avez-vous mis en place pour garder le lien, reprendre une activité musicale même à distance ?
  • Avez-vous repris les répétitions et si oui dans quelles conditions ?

Avez-vous trouvé des solutions ?

Le Chœur philharmonique de Strasbourg a lancé une enquête internationale qui réunit les témoignages d’une soixantaine de chœurs touchés par la crise sanitaire, prêts à partager leurs initiatives, leurs constats et leurs échecs.

Découvrez le résultat de ces 26 cartes postales de chefs ou responsables de chœurs du monde entier.

Bonjour Xavier, J’ai 2 choeurs adultes, nous faisons de la chanson.

  • Mes choeurs n’ont pas été touché par le COVID
  • J’ai gardé une répétition hebdomadaire par zoom en adaptant ma pédagogie et demandé aux choristes de m’envoyer des enregistrements de leur voix pour mieux les aider et faire des mixages du résultat avec tout le groupe. Ça a bien maintenu la motivation de chacun et les progrès sont visibles.
  • J’ai repris la semaine dernière avec un de mes choeurs, ma salle est grande il faut plus de 4m2 par personnes. Viens qui veux et ceux qui restent chez eux ont la possibilité de nous rejoindre par zoom et chanter avec nous en visio. Pas de masques, mais lavage de mains, espaces entre les choristes, et bienveillance …

Les solutions sont provisoires, des parapluies pour passer l’orage, pour garder l’énergie du groupe… Le long terme est plus critique, mais j’ai espoir que nous puissions reprendre une activité plus normale bientôt

Le Choeur Arc en ciel n’a pas mis trop longtemps à rebondir grâce au travail de mise en place de vidéos par notre chef de choeur, chaque semaine et durant 6 semaines. Cela nous à permis de continuer à travailler, de découvrir également l’autonomie. Nous faisions un retour du travail par un enregistrement que nous avons envoyé à notre chef de choeur afin qu’elle puisse nous faire un retour.
Ensuite nous avons essayé deux répétitions par Skype mais à plus de 4 personnes cela a été vite difficile.
Cela reste bien sur une solution provisoire qui permet de garder le lien, très important pour le groupe. Sur du long terme il me semble que cela peu devenir plus complexe, il se peut que des choristes perdent la motivation de travailler seul.
Aujourd’hui et depuis maintenant 3 semaines nous avons repris nos répétitions (le groupe est de 7 personnes) fait une journée vocale et ce weekend nous pouvons maintenir notre stage de Voix durant 3 jours qui se terminera par un concert avec bien sur un nombre de personnes plus limitées.

Il est a espérer que la rentrée de septembre sera pour tous une rentrée « normale »

[… La bonne pratique respiratoire m’a évité les urgences et l’hospitalisation…]

Témoignage d’une cheffe de chœur professionnelle, qui s’est formée à l’étranger et qui exerce à Paris depuis 30 ans

La semaine du 9 mars démarre pour moi comme bien d’autres: une répétition le lundi, une deuxième le mercredi, deux qui se suivent le jeudi avec, dans l’intermède, du travail avec mes chanteurs solistes, des rencontres avec les musiciens accompagnateurs, des voyages en métro, des courses au supermarché, la vie privée… Rien ne laisse présager l’expérience qui allait bientôt suivre… Or, le vendredi 13 mars, je commence à tousser et à avoir une gène importante au niveau de la poitrine. Deux jours plus tard, je découvrirai que j’avais attrapé la Covid-19.

En effet, le dimanche, après le premier tour des élections, je me suis couchée avec une gène grandissante. Je me suis réveillée vers 2h du matin avec de la fièvre, 38°6. Je me suis donc décidée à appeler le numéro d’information dédié mis en place par le gouvernement. Le conseiller n’a pas hésité une seule seconde: il fallait appeler le 15.

Je précise que nous étions au tout début de l’épidémie en France. À ma connaissance, personne n’était malade autour de moi. Le confinement n’avait pas encore été annoncé. J’ai décidé d’annuler ma répétition du samedi, je commence à songer à l’annulation de celle du lundi…

Le médecin du 15 me conseille de prendre du Paracétamol et d’attendre. Deux heures plus tard, le thermomètre marque 39°9. Je panique et compose à nouveau le 15. Mais, cette nuit là, les services sont débordés et pas encore assez préparés. Le médecin que je réussis à avoir au bout du fil me conseille de ne plus rappeler sauf « si vous vous sentez mourante »! Ce sont l’état de choc et la peur.

La maladie ne fait que commencer et elle sera pointée par la fièvre, les fortes migraines, la tachycardie, la toux incessante, la perte de l’appétit, des douleurs articulaires… Très dur. Le médecin que je réussis à avoir en téléconsultation le jeudi 19 au matin me rassure: « vous êtes à votre septième jour, le pire est passé ».

Quelle ne serait ma sidération quand, à partir du jeudi soir, les choses commencent à empirer. Je perds le goût et l’odorat dans l’après midi; la fièvre et la toux s’intensifient dans la nuit, la migraine repart de plus belle et, surtout, je respire de plus en plus mal. Le lendemain soir, j’attends les 21 respirations par minute. J’ai dépassé le seuil. Je suis en détresse respiratoire.

Mes enfants, qui m’ont accompagnée pendant toute la maladie, appellent alors le 15 et mettent en route le haut parleur. L’attente est infinie et je n’ai pas envie de partir à l’hôpital. Je me dis alors « tu es chanteuse, tu sais respirer bon sang »! Ce fut la pensée salvatrice. Je commence alors à pratiquer la respiration que nous connaissons tous et que nous recommandons régulièrement à nos choristes. Les yeux fermés, j’ouvre les côtés, sur les flancs, dans le dos. J’essaye d’expirer lentement, en comptant, en cherchant à « soutenir» pour réduire le débit et ainsi améliorer ma ventilation. Avec une concentration maximale, je compte les secondes: inspire! expire!. En même temps, mon fils compte les minutes d’attente au 15 tandis que ma fille surveille le rythme respiratoire. 20 minutes plus tard, le Samu n’a toujours pas décroché. Ma fille constate alors que je suis à 16 respirations/sec : c’est gagné ! Nous décidons de raccrocher le combiné.

Mon médecin traitant me dira plus tard que c’est la ventilation exercée grâce à la bonne pratique respiratoire qui m’a évité les urgences et l’hospitalisation.

Je remercie donc plus que jamais les pouvoirs bénéfiques du chant. Nous en vantons souvent ses bien faits, ses qualités pour la psyché et pour l’esprit mais aussi pour l’équilibre physique de l’être . Je peux aujourd’hui en témoigner avec joie.

La deuxième semaine de maladie fut la plus dure et complexe. J’ai dû faire souvent appel à la pratique de la respiration du chanteur, même si elle fut régulièrement interrompue par les quintes de toux ou par la tachycardie angoissante.

J’ai fut déclarée guérie le 21 avril, soit plus de 5 semaines après les premiers symptômes. Par chance, lors de mes dernières répétitions, j’avais déjà adopté les distances obligatoires et interdit les embrassades entre choristes. Je crois n’avoir contaminé personne lors des répétitions de la dernière semaine de travail. Les deux choristes (de groupes différents) qui attrapèrent la maladie l’ont eue en même temps que moi ce qui élimine pratiquement toute probabilité que je sois à l’origine de leur contagion… Ce fut un grand soulagement.

Je tiens à souligner l’énorme soutien que tous les chanteurs représentèrent pour moi dans cette période éprouvante. Leur présence et leur solidarité font aussi partie des qualités indissociable de la merveilleuse pratique qui est la nôtre.

Solution: un lieu non touché par les interdictions… Cherchez bien
Nous n’avons jamais cessé les répétitions, vu le petit nombre de choristes de notre choeur, qu’ils soient vaccinés ou non.
Si nous avions vraiment dû arrêter les répétitions nous avons les moyens informatiques qui permettent de chanter avec le chœur. Renseignements sur demande !